Stop à la surenchère !
L'équipe municipale avait placé son mandat sous le signe de « la bonne gestion » financière.Mais,à mi-mandat,les faits semblent traduire une réalité bien différente de celle qui était annoncée.Le dernier budget,voté à l'unanimité,laisse déjà apparaître des signaux bien inquiétants et le dernier conseil municipal confirme cette tendance.
Une dette exponentielle en vue ?
La dette,principal souci des élus,devait être maîtrisée.La renégociation des emprunts devait apporter un peu d'air pour permettre à la ville de mener à bien des projets vitaux pour nos concitoyens.Qu'en est-il aujourd'hui ? Le nouvel emprunt fait gonfler la dette de plus de 30%, et ce n'est qu'un début! Le dernier emprunt sera (bientôt) bientôt suivi d'un autre ( voir de plusieurs).
En effet, des programmes ont été démarrés et n'ont été que partiellement financés par la manne d'un million d'euros.C'est le cas des travaux de voirie 2011 pour 230 000€, de la restauration de la passerelle pour laquelle il faudra encore trouver 430 000 €. Même constat pour la charpente du palais épiscopal qui demandera encore 600 000 €. Il est vrai que des subventions et des participations ( Plouguiel pour la passerelle) diminueront le montant à emprunter mais d'autres projets sont encore à l'ordre du jour sans compter les besoins générés par les différents services municipaux (travaux dans les écoles,matériels aux services techniques...).
Ainsi,parmi ces investissements non financés, on peut d'ors et déjà savoir que la municipalité à programmé 48 500 € d'étude pour le stade Yves Meudal (et qui dit étude,dit travaux à prévoir ensuite),780 000 € pour des travaux d'aménagements intérieurs à la bibliothèque (votés à l'unanimité quelques minutes après l'emprunt de un million)... Que dire de la première phase d'aménagement du centre-ville estimée à 1,5 millions d'euros. Et la liste n'est pas finie!
Un rapide calcul montre qu'il faudra trouver pour ces seuls projets au minimum la « bagatelle » de 3,6 millions d'euros...
Il ne faut plus trop compter sur les subventions (malheureusement) de l'Etat et des collectivités qui sont obligés de faire preuve de rigueur afin de ne pas grossir leurs dettes. La ville de Tréguier va donc devoir assumer en grande partie ces dépenses en ayant recours à nouveau à l'emprunt. La dette future de la commune peut très vite atteindre des sommets himalayens.
Les bons choix ont-ils été faits ?
Pas si sûr! Et pourtant,la sonnette d'alarme a été plusieures fois tirée. Voici pourquoi nous clamons en vain ,depuis des années, la nécéssité de faire des choix dans les investissements. Tel n'a pas été le cas. Avions-nous les moyens,par exemple, de réaliser un city-stade ? Ne regretterons-nous pas d'avoir investi dans ce nouvel équipement sportif avant de s'occuper de ceux qui existent ?Avons-nous objectivement aujourd'hui la possibilité de rénover le stade Yves Meudal (sinon à quoi bon commander une étude si onéreuse) ? Pourrons-nous engager les travaux préconisés pour ce stade ? Dans un tel contexte,seul l'enterrement en première classe de la salle des fêtes intercommunale apparaît comme un signe positif face à la réalité financière communale.
Il reste encore un levier pour trouver des fonds pour financer cette liste de projets: l'augmentation des impôts. La question a été soulevée par le maire lors du budget 2011 qui avouait qu'il serait vraisemblablement forcé de renier un de ses engagements de 2008 (promesse de ne pas augmenter les impôts). Elle a encore été évoquée lors de la réunion publique au théâtre de l'Arche avec toujours la même réponse: il faudra augmenter les impôts car « la situation financière sera très préoccupante en 2014 (comme par hasard) ». Mais quand la question des conséquences concrètes de ces projets sur l'augmentation des impôts est lancée: silence radio,on ne peut pas savoir (tiens donc!) dans quelles proportions les impôts devront être accrus.
Face à cette dérive inéluctable et irréversible (l'éuipe municipale entend lancer les projets avant les échéances de 2014 afin que la prochaine municipalité ne puisse revenir en arrière),il est urgent de faire une pause dans l'accumulation de projets qui semblent aujourd'hui être des concessions faites aux uns et autres pour se poser enfin la seule vraie question qui mérite une réponse: quels sont les projets réalistes et indispensables pour le bien-être de nos concitoyens que la ville doit entreprendre ?