Des finances qui commencent à virer dans le rouge
Les budgets viennent d’être adoptés à la quasi-unanimité, sans que la situation semble véritablement émouvoir qui que se soit. Et pourtant ! À bien y regarder, la situation financière est très préoccupante.
En 2012, les recettes de la ville ont stagné et les dépenses repartent à la hausse: l'excédent de fonctionnement, qui jusque là progressait, est en baisse. Les salaires représentent encore 52% du budget communal. La dette atteint des sommets: 4,4 millions € (de + 50 % par rapport à 2008).La marge de manœuvre pour investir se réduit! Nous entrons dans un cycle défavorable.
Et en 2013, l'horizon se dégagera-t-il? Malheureusement NON! Pas d'économies en vue: la ville table sur 150 000 € de dépenses supplémentaires : le remboursement des 1 300 000 € empruntés va peser très lourd sur le budget communal. La ville recrute un emploi aidé (financé à 75% par l'Etat durant 3 ans) pour réduire artificiellement et provisoirement ses dépenses de personnel. Et ensuite? Rien de bon: la réforme des rythmes scolaires coûtera cher à la ville: au moins 25 000 € chaque année. L'excédent de fonctionnement risque encore de fondre comme neige au soleil.
Côté recettes, faudra-t-il s'attendre à des miracles ? NON! Le produit des impôts plafonne, l'État et les collectivités poursuivent leur désengagement financier : les subventions seront versées au compte-gouttes.
La ville sera-t-elle encore en mesure de lancer de nouveaux projets ? NON! Il faudra d’abord trouver de l’argent mais où ? Emprunter à nouveau : hors de question. Les derniers emprunts permettront tout juste de payer les travaux du centre-ville et la 1ère tranche de réhabilitation du palais épiscopal. Des subventions ? Certains doivent encore croire au père Noël car ils imaginent que l'Etat et les collectivités nous soutiendrons massivement.
Et pourtant, les besoins existent: proposer un parking de substitution indispensable pour compenser le déficit de stationnement en centre-ville,rendre accessibles les lieux publics aux personnes handicapées (obligatoire en 2015), améliorer le cadre de vie de nos concitoyens, de nos élèves …
Depuis des années, nous alertons en vain la municipalité: des dépenses superflues ont plombé en partie notre capacité de financement futur alors que des investissements lourds étaient annoncés. à Tréguier, la municipalité a fait comme si la crise c’était pour les autres! Il va falloir enfin ouvrir les yeux et nous dire la vérité : comment la ville pourra-t-elle faire face à ses obligations ? Pour l’instant, les réponses des élus sont édifiantes : « les futurs élus se débrouilleront ! ».Quelle fuite en avant ! à l’heure où une page est en train de se tourner, où jamais les incertitudes n’ont été si fortes, les Trécorrois ont le droit de savoir qui paiera l’ardoise laissée par la municipalité car si ce ne sont pas les ressources de la ville, se seront inévitablement leurs impôts !