Régime sec!
La polémique enfle suite au dernier conseil municipal. Le vote des subventions nous a malheureusement rappelé que les élus, qui ont le devenir de Tréguier entre leurs mains, sont plus divisés que jamais.
Face à un avenir financier très incertain, la municipalité de Tréguier a bel et bien décidé de trancher dans les aides accordées à celles et ceux qui animent et font vivre notre cité toute l'année. Contrairement aux affirmations du premier adjoint dans la presse de ce jour (voir Ouest-France), le montant des subventions est en diminution: la somme votée est certes supérieure à celle de 2011 mais elle comprend aussi les diverses participations de la ville. C'est donc un régime sec qui est proposé au monde associatif.
Les membres de la « commission association », réunis la semaine passée, avaient été informés des demandes formulées par les associations. Chacun peut comprendre qu’en période d’austérité, il fallait être vigilant et doser le soutien de la ville en proportion des besoins réels des associations. Les uns et les autres ont eu l'occasion d'exprimer un point de vue sur la pertinence ou non des demandes: certaines justifiées, d'autres méritants d'être revues à la baisse... Avec des élus de la « majorité municipale », nous nous sommes faits les défenseurs des associations qui donnaient de l'élan à la ville: ce fut le cas, par exemple, de Beg Chopin qui organise un festival tous les 2 ans attirant des milliers de visiteurs sur le premier week-end de juillet. Nous avons émis l'hypothèse que la ville pouvait faire un petit effort pour soutenir à hauteur de 2 000 € (engagement ferme) un événement marquant pour le territoire et pour lequel la ville ne s'engage qu'à hauteur de 1 000 € (pour un budget total de plus de 50 000 €).
Et bien non, les élus ont beau clamé leur attachement à la fête, le petit geste attendu n'a pas été réalisé, rigueur budgétaire oblige! Et pourtant, ce geste aurait été bien peu coûteux au vu d'autres dépenses parfois « tape à l'oeil, inutile et onéreuse »: était-il nécessaire, par exemple, de payer des frais d'impression pour afficher les voeux de la municipalité sur les panneaux publicitaires aux entrées de ville?
Il est difficile de motiver des bénévoles à s'investir pour le bien-commun quand leur dévouement est remercié par une baisse de leurs subventions. L'addition est d'autant plus difficile à avaler que toutes les associations n'ont pas été logées à la même enseigne: certaines ont miraculeusement vu leur subvention maintenue au niveau de 2011 quand d'autres ont vu le montant de l'aide diminuer de 5%, 10% et plus... Quelle est la logique dans toute cette manoeuvre? L’absence de clarté des critères d’attribution est difficilement justifiable.
La perte financière pour les associations est certes modique mais la baisse des subsides est un symbole parfois difficile à avaler. Imaginez: en temps de crise, est-il logique par exemple de réduire de 20€ la subvention su secours catholique? Il ne faudrait pas, qu’au prétexte d’une soi-disant « gestion rigoureuse » nous tombions dans la pingrerie…
Le citoyen contribuable sait désormais à quoi se tenir: il faut se serrer la ceinture. La situation financière de la commune est critique, faites des efforts: moins de subventions, moins de lumière et demain? Moins d'entretien dans vos quartiers? Et tout ceci en payant plus d'impôt... Et ce n’est qu’un début !