Couvre-feu
Oyez ! Oyez bonnes gens... Il est minuit, dormez en paix !
Tréguier cité médiévale retourne au moyen-âge.
Déjà triste le soir en temps normal, la ville couverte d'un lourd manteau noir devient littéralement sinistre et lugubre.
Les plus anciens d'entre nous retrouvent l'atmosphère angoissante du « black out » de la dernière guerre. Quel mystérieux envahisseur devons nous redouter ?
Une municipalité se doit d'assurer à ses administrés confort et sécurité. Peut- on imaginer que ces deux principes fondamentaux seront respectés en plongeant la ville dans une totale obscurité ?
Gare aux chutes dues au mauvais état des trottoirs et aux chaussées déformées, ou encore aux mauvaises rencontres ! Il est à conseiller de ne pas mettre son nez dehors sans s'équiper d'une lampe-torche ou d'une lampe frontale. Que dire aussi des effractions toujours possibles et qui peuvent être favorisées par l'incognito de la nuit.
Les farouches défenseurs des économies d'énergie (quoique en l'occurrence...) pourront toujours affirmer que les braves gens n'ont rien à faire dans les rues au cœur de la nuit. Ce serait oublier un peu vite que les libertés individuelles existent et que chacun peut se trouver dehors quand bon lui semble et surtout quand les obligations professionnelles l'imposent.
Plutôt que passer brutalement de la lumière à l'obscurité totale, il aurait été préférable de restreindre la densité des points lumineux, particulièrement dans les zones manifestement « sur-éclairées ». Une répartition judicieuse de quelques points laissés en veille favoriserait le maintien d'un minimum de confort et de sécurité.
Quant à l'incidence sur la facture d'électricité, elle se ferait davantage sentir en adaptant les travaux de mise en lumière des rues et places par l'implantation de luminaires de type LED beaucoup moins consommateurs d'énergie. Cela, bien sûr, au prix d'un investissement, par ailleurs subventionnable et rentabilisé à moyen terme.
Le souci d'économie est louable mais cela ne doit pas être fait à n'importe quel prix.