Les rêves ont un prix...
Le projet de salle festive et culturelle fait actuellement couler beaucoup d'encre et il semble que nous soyons encore loin de « sabler le champagne »pour son lancement. Les polémiques se sont multipliées depuis quelques jours. Du côté de Minihy on semble croire que la municipalité de Tréguier ne veut pas voir cette salle implantée sur son territoire. On ne s'accorde pas non plus sur les modalités de prise financière. Les relations sont tendues et l'espoir de voir ce sortir de terre s’amenuise.
La tournure des événements avec nos voisins est regrettable même si ce projet n'est pas réaliste. Au vu des priorités de Tréguier et de l'état de ses finances.Cette salle ne peut pas se faire sans pénaliser lourdement l'avenir de notre cité. Voici quelques chiffres qui vous permettront de le constater par vous-même.
Côté dépenses
-Le projet de départ est estimé à 3 200 000 € (montant auquel il faudra prévoir les inévitables dépassements).
-La nouvelle salle va aussi générer des dépenses annuelles de fonctionnement (charges de personnel, fluides, achats de matériel...): les estimations, pour ce type de lieu, varient entre 5 et 10% par an de l'investissement de départ. Soit une dépense annuelle comprise entre 160 000 et 320 000 €.
Côté recettes
-Ce projet intercommunal est inscrit dans le cadre du « contrat de territoires »: il pourra bénéficier de 225 000 € de subvention du Conseil Général.
-De même, il a été retenu dans le « Contrat de pays » pour obtenir le soutien du Conseil Régional: 225 000 € (soit 10% d'un projet estimé alors à seulement 2,5 millions d'euros!)
-La commune de Minihy-Tréguier va participer à hauteur de près de 29% de l'investissement (ce chiffre pourrait être revu à la hausse) et autant en fonctionnement.
Quel coût pour la ville de Tréguier?
Partons du scénario le plus optimiste: le projet serait respecté sans dépassements financiers.
Une fois les subventions versées, il restera 2 750 000 € à financer pour les 2 communes.
La ville de Tréguier aura à sa charge 1 950 000 € : pour un prêt de 20 ans, il lui faudra donc rembourser 180 000 €/an environ.
À cette somme, il faut ajouter au moins 120 000 €/an en frais de fonctionnement
Au final, il en coûterait à la ville de Tréguier chaque année au minimum 300 000 €. A titre d’exemple, la ville rembourse actuellement 220 000 € /an pour honorer des emprunts contractés depuis 20 ans (rénovation des services techniques, rond-point du bois d’amour, place de la République, mise aux normes de la caserne des pompiers…)
Cette somme sera à verser au SIVOM sous forme d'une participation.
Comment financera-t-on cette nouvelle dépense? Il n'y a que 2 hypothèses possibles:
-une hausse des impôts (de l'ordre de 25% à 30%), tel ne semble pas être l'orientation voulue par le maire.Elle ne serait d'ailleurs pas justifiable!
-se serrer la ceinture, seul scénario restant: la ville devra trancher dans ses dépenses courantes pour payer la salle festive et culturelle.Nous aurions dans ce cas moins de travaux dans les écoles, moins de travaux de voirie, moins de subventions aux associations. Ironie du sort, même la disparition du déficit du service culturel ne permettrait pas de payer ce projet « mégalo ».Etes-vous prêts à consentir ses efforts quotidiens pour cette salle ?
Et les autres projets dans tout çà ?
Les chiffres parlent d'eux mêmes. Même si ce projet n'est pas directement porté par la ville de Tréguier, sa réalisation reviendrait à bloquer tout autre aménagement d’envergure. Est-il logique que ce seul projet représente la quasi-totalité de l’épargne de la ville ? En ne dégageant pas d’excédent, la ville se tirerait une balle dans le pied : il n’y aurait plus de marge de manœuvre pour mener les véritables priorités, notamment l’aménagement du centre-ville. On ne peut pas investir aujourd’hui dans la bagatelle et le tape à l’œil car l’aménagement du centre-ville (si nécessaire dans le contexte actuel) sera relégué aux oubliettes faute de moyens financiers suffisants! D’ailleurs, ce projet de salle n’apparaît qu’en 5ème priorité de l’équipe municipale : dépenser les ressources limitées de la commune sur un projet secondaire serait une forme de gaspillage. La construction de cette salle n’est tout simplement pas envisageable actuellement.