Mais pourquoi ce "satané" plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV) reste-t-il en "rade"?
Monsieur le maire exprimait ainsi son inquiétude par voie de presse à la suite de l’assemblée générale des petites cités de caractère en août dernier.
« La commune est engagée depuis 42 ans dans la mise en place d’un plan de sauvegarde et de mise en valeur. Certes qui n’a toujours pas été voté, comme le mentionne le rapport des PCC. Et maintenant on nous demande de le valider avant la fin de l’année ! Ce n’est pas en trois mois que nous allons régler ce problème. »
Et voici que ces derniers jours toujours par voie de presse Monsieur le maire s’insurge contre les décisions de l’architecte des bâtiments de France concernant deux sujets majeurs pour la commune de Tréguier.
Sur le premier , la réhabilitation de l’école Notre dame et la création d’une résidence service en lieu et place des bâtiments vétustes qui devraient être détruits il nous fait savoir : « un récent avis défavorable de l’architecte des bâtiments de France, au titre du champ de visibilité d’un monument historique et du site inscrit, fait qu’on ne sait plus sur quel pied danser ».
Concernant le second site, celui des anciens établissements Guézennec, c’est la création d’une aire de carénage qui est également concernée par l’extension du secteur sauvegardé votée en 2007 à la demande de la commission nationale des secteurs sauvegardés
Il serait peut-être bon de rappeler que cette extension était une condition impérative pour la mise en œuvre de ce secteur sauvegardé. Le conseil municipal devait à la demande expresse de la commission nationale des secteurs sauvegardés : étendre le périmètre aux parcelles cadastrales tronquées (terrain des sœurs du Christ, ancienne propriété Pollès rue des Perdreries) et inclure les espaces remarquables entre les rives du Jaudy et du Guindy ( bois du poète, parc de la Baronnais, quartier du Gollot, ancienne scierie et quais) afin de faire valider ce PSMV lancé depuis des décennies, et proposer des lignes directrices pour un futur aménagement de ces deux lieux et notamment, en adéquation avec les développements d’activités déjà sur les rails.
On connaît la position adoptée par le maire Michel Sohier lorsqu’il était dans l’opposition, le secteur sauvegardé était alors pour lui une contrainte et avec ses collègues il votait contre l’extension proposée.
Pourtant protéger ne signifie nullement interdire, protéger un secteur c’est au contraire permettre la conservation et l’amélioration, c’est la mise en valeur comme son nom l’indique, et c’est aussi l’accompagnement des projets publics et privés.
Un encadrement certes, mais surtout l’établissement de lignes directrices définies par les élus communaux avec les membres de la commission locale des secteurs sauvegardés dans le cadre des besoins réels de la commune.
Au vu des derniers événements,on peut légitimement s'interroger sur les causes de tels blocages. Aujourd’hui la municipalité a-t-elle réellement pris le dossier du PSMV en mains?Où en sont les travaux des commissions locales et nationales concernant le plan de sauvegarde et de mise en valeur de Tréguier ?
Des propositions ont-elles été faites et si oui sont elles validées?
Doit-on rester figé et attendre que tous les dossiers urbanistiques soient régulièrement rejetés par la tutelle administrative ?
Y-a-t-il une réelle volonté municipale de faire valider un plan de Sauvegarde et de mise en valeur ?
Autant de questions sans réponses pour lesquelles nous n’avons aucune information !
Monsieur le maire,lorsque vous vous exclamez « sur le secteur sauvegardé, le maire de Tréguier, c’est l’ABF » vous ne semblez pas faire grand cas de votre fonction.
Car c’est bien vous que les Trécorrois ont élu comme premier magistrat ;
C’est vous qui délivrez les autorisations et les permis au nom de l’état ;
C’est bien vous qui devez veiller aux intérêts de vos concitoyens.
Et si l’architecte des bâtiments de France ou toute autre personne qualifiée émet un avis conforme ou non conforme c’est à vous à assumer votre décision, en tenant compte des règlementations bien sûr, mais surtout au vu de l’intérêt majeur de vos administrés, d’autant plus qu’en l’absence de validation du PSMV c’est le RNU (règlement national d’urbanisme) qui s’applique sur l’ensemble du périmètre prévu par le secteur sauvegardé.
Si dans certains cas comme ce le fut pour ce fameux « hangar démontable » des autorités supra communales ont passé outre la volonté de vos concitoyens et de leurs représentants élus parce que la commune n’avait pas assez anticipé la protection de son site, ne laissez pas ces mêmes autorités imposer leur diktat.
Sinon petit à petit leur cité, notre cité, va se transformer en ville musée avec des visiteurs qui ne feront que passer, où la vie s’arrêtera 9 mois sur 12, et où les courageux résidents assumeront une charge financière au dessus de leurs moyens.
Alors Monsieur le maire faites en sorte d’être le moteur de ce plan de sauvegarde et de mise en valeur, proposez des projets, accompagnez ceux qui entreprennent, soyez constructif et associez vos concitoyens à la démarche.
C’est ce qu’attendent de vous vos concitoyens !