La culture, pour qui ? pourquoi ?
S’il est un domaine où le discours de Michel Sohier n’a pas changé, c’est sur la place et le coût de la culture à Tréguier.
Mais notre premier magistrat fait un procès à charge contre la culture en biaisant volontairement les débats. Au lieu de se demander en permanence « combien coûte la culture ? », il devrait plutôt se demander « pourquoi investir dans la culture ? ». C’est, dans une démarche de projet, le préalable indispensable pour un élu. Il faut bien sûr rester vigilant sur les coûts de ces activités, veiller à les maitriser mais il faut réfléchir aux retombées de la culture.
Depuis 20 ans, les maires successifs ont compris l’importance de cette question : ils ont apporté leurs réponses mais ont tous vu l’intérêt de mettre en place un projet culturel. Il y a donc lieu de s’inquiéter des propos tenus par notre édile et de notre responsabilité d’essayer de lui ouvrir les yeux sur cette question.
« Connaissez-vous des communes de notre taille qui font un tel effort au niveau culturel ? » interrogeait-il dans les colonnes d’un quotidien il y a quelques semaines. Certes, les dépenses sont plus fortes ici qu’ailleurs mais reprochera-t-on à Perros-Guirec de développer une politique touristique, aux communes du pays de Guingamp de soutenir les activités agroalimentaires… ? Sur quoi Tréguier peut-elle fonder attractivité ? L’industrie, la pêche, l’agriculture ? Notre ville doit son rang de pôle intermédiaire entre Lannion et Paimpol à ses activités commerciales et aux services au public. Sans commerces, la cité va décliner. Sans tourisme, bon nombre de commerces et d’artisans seraient en situation économique précaire. Sans culture, il n’y aurait plus tourisme donc un tissu commercial menacé !
Arrêtez les «mercredi en fête » qui coûtent si cher à la collectivité, vous verrez très rapidement les rideaux de certains commerces se baisser définitivement. Vous qui êtes élu de longue date, rappelez-vous des soirées d’été à Tréguier dans les années 1980 : une ville de morte saison !!!
Le théâtre de l’Arche est un gouffre pour nos finances. Monsieur le maire oublie de rappeler que le coût de ce service public a été considérablement réduit depuis plusieurs années. Faut-il regretter la création de ce théâtre ? 2 fois non tant il a donné une autre image à notre ville. Si la région et la commune ne s’étaient pas rapprochées pour la création de ce théâtre, que serait devenu le lycée Joseph Savina ? Il doit sa survie à sa spécialisation culturelle confirmée avec l’ouverte prochaine d’un enseignement »cirque ».
Quand à l’inflation des dépenses culturelles, vos paroles me rappellent un air de Jeanne Moreau : « j’ai la mémoire qui flanche, j’me souviens plus très bien ». Vous avez cautionné une grande part de ces dépenses : qui a recruté des emplois jeunes pour le théâtre et le PIJ. ? Qui a titularisé un poste de secrétariat au service culturel ? Qui a voté la municipalisation de la bibliothèque ? Devinez… Sur tous ces points, vous ne devriez pas rougir puisque vous avez contribué à faire de Tréguier une « exception culturelle ».
A l’évidence, le maire connait bien mal la réalité des activités culturelles municipales et s’oriente vers des choix qui pourraient être dramatiques pour la vie de la cité. A Tréguier, on ne fait pas du gargarisme intellectuel, on ne s’adresse pas seulement à une « population aisée » (Ouest-France du 28/29 mars 2009).On propose une offre culturelle ouverte au plus grand nombre, des actions culturelles qui ont contribué à dynamiser l’image de la ville (citée en exemple par les élus du Conseil Général) et qui participent indiscutablement au développement économique de Tréguier.