Ecoles
Cherche-t-on à faire le vide dans nos écoles publiques ?
L’émotion des parents d’élèves était bien visible lors du conseil municipal du 10 novembre2008. On veut bien les comprendre car les familles ne comprennent plus ce qui se passe à Tréguier.
L’annonce du transfert des classes de maternelle sur le site de la rue de Minihy, faite dans la précipitation avec un minimum d’information préalable, et cerise sur le gâteau une hausse des tarifs de la cantine en cours d’année scolaire avec près de 1€ de plus pour les enfants venant des communes extérieures, avait de quoi les faire tousser.
Pourquoi le regroupement sur ce site ?
Le regroupement de l’ensemble des maternelles est une bonne chose, pour les enfants, pour l’équipe pédagogique et son projet d’école, comme pour les familles, personne ne le nie. Mais fallait-il faire le choix de ce site ? N’eut-il pas mieux valu prendre en compte l’avis des principaux intéressés ou tout au moins réunir les commissions municipales pour éclairer les décideurs ?
A-t-on bien analysé toutes les conséquences d’un tel changement ? Les bâtiments sont-ils réellement adaptés aux réalités des besoins ? La sécurité automobile aux abords de l’école, les bâtiments en souffrance, la cour en forte pente, la salle de restauration exigüe, les sanitaires mal adaptés sont-ils vraiment des atouts ?
Peut-être aurait-il été plus judicieux de se poser ces questions essentielles en matière de sécurité et d’adaptation des locaux avant de prendre cette décision. Peut-être eut-il été intéressant de savoir au préalable l’affectation des locaux de la maison centrale inaccessible aux jeunes enfants.
L’équipe pédagogique et les personnels municipaux vont-ils trouver sur ce site les locaux adaptés à leurs missions ?
Pourquoi ne pas avoir recherché un aménagement du site de Goas-Mickaël ?
Le site de la rue du phare de la corne était pourtant bien plus fonctionnel et si l’on en juge par les demandes d’inscriptions dans nos maternelles, c’était bien le site identifié par les familles comme prioritaire dans le choix des inscriptions pour leurs enfants.
Une situation géographique au milieu d’une zone pavillonnaire, avec un accès confortable, des salles claires et fonctionnelles, des locaux étudiés pour la petite enfance, la proximité de la crèche associative « les P’tits pieds », autant d’avantages non négligeables pour l’épanouissement des jeunes enfants.
La surface du terrain est suffisante pour permettre un agrandissement et l’adjonction d’un bâtiment si nécessaire. A-t-on étudié cette solution qui pourtant avait été avancée en un temps qui n’est pas si lointain avec la commune de Minihy-Tréguier? Et pourtant voici que certains élus de Tréguier étaient prêts à se dessaisir du site de cette école au profit de la communauté de communes !
L’an prochain sommes nous certains que ces choix ne vont pas faire peur aux familles ?
Les 500 mètres qui séparent les deux sites des maternelles, ne semblent pas réellement poser problème aux familles, même lorsqu’elles résident en cœur de ville, alors veut-on donner envie aux parents d’inscrire leurs enfants dans notre école publique intercommunale ou cherche-t-on seulement à satisfaire quelques lobbies ?
La restauration scolaire pose un certain nombre de problèmes, mais cela n’est pas un fait nouveau. Fallait-il pour cela changer la méthode en cours d’année ? Fallait-il faire porter le « chapeau » aux seules familles résidant à l’extérieur des deux communes ?
Il eût peut-être été plus avisé de rechercher les causes exactes entrainant ce déficit qui ne cesse de croître. La comparaison avec ce qui se pratique autour de Tréguier aurait certainement contribué à alimenter cette réflexion et les membres des commissions extra municipales auraient à l’évidence proposés des pistes de travail plus adaptées.
Les familles conscientes des problèmes n’auraient certainement pas été hostiles à une tarification différenciée, comme cela peut se pratiquer ailleurs. Mais un changement des prix en cours d’année et de manière non concertée, n’est pas pour leur plaire. Des interrogations sur les réels motifs du déficit demeurent d’ailleurs sans réponses.
L’image de Tréguier auprès des communes environnantes ne va-t-elle pas devenir détestable, suite à l’envoi de lettres de relance expédiées de manière unilatérale aux dites communes pour la participation au déficit de notre cantine ? Il eut sans doute été plus sage de privilégier le dialogue avec les élus qui se battent souvent eux aussi pour préserver et soutenir leurs propres écoles.
Donner du temps au temps !
Ne perdons pas de vue que les familles ont toujours été attentives aux prestations offertes en sus de l’enseignement pour orienter le choix de l’école de leur enfant. La restauration est l’une de ces prestations, comme peut l’être l’ensemble des activités culturelles offertes par Tréguier.
Peut-être que toutes ces interrogations et le profond mécontentement sur la méthode sauront être pris en compte par nos édiles.
Donnons du temps au temps, il y va de l’avenir de nos enfants. Donnons-leur les meilleures conditions pour leur entrée dans la vie. Il serait dommage que des mauvais choix pris aujourd’hui, fassent que nos écoles publiques perdent de leur attractivité, et que l’ensemble de l’équilibre communal en pâtisse.